LIEN DU SANG 03
QUATRE JOURS PLUS TARD
A l'hôpital l'Archet, dans les hauteurs de Nice.
Eliana était en salle de repos depuis une demi heure environs. La salle de repos était une pièce spacieuse et agréable, on y trouvait plusieurs fauteuils en velours rouge, des tables en bois recouvertes de revues dans des domaines diverses. Les murs tapissés de papiers jaunes rendaient la pièce éclatante. Sa fenêtre donnait sur un petit jardin où attendaient des chaises. De plus, la salle de repos possédait un frigo, une machine à café, un ordinateur et un distributeur de boissons. Eliana semblait attendre quelques choses ou quelqu'un. Son visage laissait transparaître un certain malaise. Elle pensait de plus en plus à l'inévitable, bientôt tout changerai. La jolie petite vie qu'elle avait toujours menée jusqu'à présent était une invention du début à la fin, enfin quand elle y repensait, elle voyait Thibault, malgré tout il était son fils. Laissée dans ses pensées pendant un quart d'heure, elle fut alertée par le bruit de la porte. Une personne était entrée, une personne qu'Eliana connaissait parfaitement bien mais une personne qui n'avait rien à faire dans cette salle : sa mère.
«Bonjour Eliana
_Maman, dit elle d'un ton monotone
_Allons souris, les analyses sont concluantes, Thibault est bien le fils de son père
_Viens en au fait je te prie
_Allons, allons je ne peux même plus passer dire bonjour à ma fille
_Pas quand tu te fais appelée numéro trois. Eliana semblait soudain lassée de cette bataille qu'elle livrait avec sa mère. Cela la fatiguait, sa mère n'arrêtait jamais et laissant la colère exploser Eliana pris enfin le taureau par les cornes et délivra son âme des sentiments à l'égard de sa mère. Pour commencer je ne suis plus une enfant, tu n'as pas besoin de venir me voir à présent, tu ne le faisais pas quand j'étais gamine alors pourquoi le faire maintenant ? Un rendez vous avec l'un de tes princes charmant se passe pas loin d'ici et tu t'es dis histoire de voir si je suis toujours loyale tu vas passer me voir. Et bien saches que je ne te suis pas loyale mais que je suis loyale aux treize. Pour moi tu es une inconnue, une inconnue que je remercie seulement pour m'avoir proposer la voie de l'avenir mais tu ne seras jamais ma mère.
Le visage de Susanna avait pris une teinte rouge et elle préféra s'asseoir sur le fauteuil le plus proche afin de se ressaisir.
_Alors saches qu'à présent je vais rendre les choses officielles. Je ne viens pas en mère soit mais je viens en tant que membre supérieur des treize avec un message ou plutôt un ordre pour toi. Je me fous pas mal de ta loyauté, ce qui m'importe c'est la qualité de ton travail alors si madame Bludy veut bien descendre de ses grands chevaux et daigner à m'écouter je pourrais l'informer de ce que les treize attendent d'elle.
_Bien j'écoute
_Tu as accès aux archives de l'hôpital n'est ce pas ?
_Oui
_Bien dans ce cas, tu chercheras ce que tu peux trouver sur les Bludy, le paquet prend plus de temps que prévu et la livraison ne s'effectuera pas avant une quinzaine de jours alors si nous pouvons récupérer des informations nous permettant de commencer la fabrication plus tôt, ce ne sera que mieux. Compris
_Compris. »
Il ne restait plus qu'une heure de pause à Eliana, ce qui était bien suffisant pour descendre aux archives. Les archives de l'hôpital se trouvait au septième sous sol. Lorsqu'elle sortit de l'ascenseur, Eliana se retrouva directement au cœur des archives. La salle était grande, large , longue et haute. Des dizaines de rangées d'étagères se dressaient à l'intérieur de la pièce. Eclairée à l'aide de néon, la pièce était claire, seule les angles de murs demeuraient sombre. Personne n'avait pris la précaution de mettre du carrelage par terre. On marchait sur du ciment brut laissant voir parfois des lézardes, des cloques, des creux et des bosses. Sur chaque étagères s'empilaient des boites en plastiques renferment les dossiers des patients. Chaque boite contenait une étiquette mentionnant un numéro et une lettre. Mais chercher boite par boite revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin. C'est pourquoi au bout de chaque rangée se trouvait un poste informatique. Depuis quelques temps, les archives étaient gérées par l'ordinateur. Lui-même était connecté via Internet aux archives de n'importe quel hôpital, on pouvait y rechercher des noms de patients, des maladies, des traitements et même des morts. Mais depuis peu, l'ordinateur servait lui-même d'archive, on stockait les fichiers des nouveaux patients directement dans l'ordinateur. Eliana s'installa sur l'ordinateur de la dernière rangée. Elle commença par taper les mots Bludy et fut stupéfaite de voir une centaine de résultats mais au fur et à mesure que la recherche avançait, les résultats devenaient de plus en plus mince. A la fin, il n'en resta plus que sept. Un dans l'ordinateur répondant au nom de Thibault Bludy, puis six autres répondant respectivement au nom de Tom, Jimmy, Franck, Eliana, Catherine, et un certain Will. Eliana connaissait Catherine comme étant la mère défunte de Tom, Franck comme étant son père également défunt, Jimmy comme étant le frère aîné de Tom, mais elle ne connaissait personne qui répondait au nom de Will. Elle cliqua sur son dossier et vit qu'il se trouvait dans la boîte M74. Elle partit un court instant chercher la boite et revint s'asseoir devant l'ordinateur. Lorsqu'elle ouvrit le boite, il n'y avait que très peu de dossiers, une dizaine tout au plus. Il s'agissait en fait des nourrissons morts peu après l'accouchement. Lorsqu'elle ouvrit le dossier de Will elle faillit tomber de sa chaise.

AU MEME MOMENT
Dans les locaux de Bludy Architecture.
Tom était dans son bureau, il avait enfin terminé, après quatre jours, il avait trouvé le parfait compromis pour monsieur Njork. Il lui avait crée une véritable forteresse, un palace pour les clients, privilégiant les zones d'accueil. Les employés n'étaient pas en reste. Les bureaux étaient spacieux et confortable, moderne mais basique. La salle dont il était le plus fier était la salle de réunion. Prévu pour treize personne il avait fait en sorte de jouer sur ce chiffre et de mettre treize tableaux, treize zones d'éclairage, mais le résultat était grandiose. Bien sur tout cela n'était que de l'imagerie trois D, mais ça lui avait pris près de quatre jours et environs le même nombre de nuits. Il n'avait vu son fils et sa femme qu'en coup de vent et il comptait bien se rattraper le plus tôt possible. Mais d'abord sa priorité était de montrer le projet au client, plus vite il aurait accepté, plus vite commenceraient les travaux. Il téléphona donc à monsieur Njork.
«Medical One monsieur Njork à l'appareil
_Bonjour monsieur Njork, ici Tom Bludy, de Bludy architecture, je voulais vous annoncer que le projet était prêt
_Très bien commençons les travaux le plus vite possible
_Mais vous n'avez même pas vu de quoi il s'agissait
_Je vous fais pleinement confiance, je vous rappelle demain afin de prendre rendez vous pour officialiser les choses, d'accord ?
_Très bien, je contacte les entreprises sur le champs
_Bonne fin de journée
_Merci vous aussi, au revoir »
Et pendant la demi heure qui suivit, Tom appela les entreprise avec lesquelles il avait l'habitude de travaillait afin de leur présenter le projet le lendemain. Toutes répondirent oui, un si grand chantier ne serait qu'un plus pour leur carrière, et le lendemain toutes répondirent présent. Mais voyant la complexité de la tache et le délais imposé, certaines reculèrent mais en fin de journée, la plupart des entreprises avaient signées l'affaires. Les travaux pouvait donc démarrer.
En rentrant chez lui Tom pensa à passer chez son frère aîné Jimmy, lui annoncer la bonne nouvelle. Jimmy Bludy qui habitait à seulement cinq minutes en voitures de chez Tom travaillait aussi chez Bludy architecture en tant que comptable. Sa compagne Margaux était la secrétaire du cabinet. Lorsqu'il arriva devant chez Jimmy, il remarqua tout de suite que sa voiture n'était pas là. Il devait sans doute être sorti ou peut être n'était il pas encore rentré de vacances. Tom continua donc sa route et arriva chez lui. Il gara sa voiture sous le porche aménagé et rentra chez lui. Mais lorsqu'il entra il fut stupéfait de voir une dizaine de personne lui crier « surprise, Joyeux anniversaire ». On était le trente et un juillet, c'était son anniversaire, comment avez il pu l'oublier ? Apres avoir remercier les invités qui se composaient de son frère et de Margaux, de sa belle mère, de son meilleur ami d'enfance, Simon Canier et de sa femme, d'une collègue de travail de sa femme et enfin de sa marraine, la mère de Simon. Le tout était complété par sa femme et son fils. Sa femme s'était surpassée, les plats qui attendaient d'être mangé dégageaient une odeur exquis. On trouvait de tout, mousse au chocolat, tarte aux citrons, aux pommes, aux poires caramélisées, clafoutis aux cerises, aux framboises, crêpes sucrés, salées. Il se demandait qui devait encore arriver. Mais personne ne vint et la soirée permit à Tom de se revivifier auprès des siens. La fête s'éternisa jusqu'à quatre heure du matin et ce fut Susanna qui parti la dernière retenu par sa fille qui voulait avoir une petite conversation.
«Maman, tu ne devineras jamais ce que j'ai trouvé sur les Bludy
_Les faits, viens en aux faits, dit elle d'un ton désagréable
_Bien, tres bien, il se trouve que Tom a un frère jumeau.
_Quoi ?
_Oh, rassure toi, il est mort, quelques heures apres sa naissance
_Tom est il au courant ?
_Je ne pense pas
_C'est tout ?
_Comment ça ?
_Seul le sang des Bludy nous importe pour le moment, tu comprends cela ?
_Oui mais à part Thibault, personne n'a jamais fait de prises de sang, aucun membres des Bludy n'est jamais allé chez le médecin, et Tom qui ne veut pas que Thibault y aille, tu sais pourquoi ?
_Moins tu en sauras mieux tu te porteras
_Je veux au moins savoir pourquoi le sang des Bludy est si important
_Tu le seras en temps voulu et plus vite que tu ne le penses, ce n'est plus qu'une question de jours avant les annonces publiques
_Les annonces publiques ? Mais maman, enfin de quoi parles tu ?
_Tu le sauras en temps voulu, maintenant si tu veux bien m'excuser je suis fatigué, au revoir. »

LE LENDEMAIN
Dans les locaux de Bludy Architecture.
En allant au cabinet, Tom s'était arrêté à la maison de la presse et avait acheté le journal locale. Mais en première page s'étalait une photo divisé en deux montrant deux usines de médicaments. En lisant l'encadré, Tom découvrit l'article suivant.
« Medical One, la grande entreprise de médicaments des Etats-Unis s'associent avec un groupe Japonais, ce n'est pas la première alliance de Medical One qui compte aujourd'hui douze maisons mers. La dernière devant bientôt voir le jour en France sur la Cote d'Azur. »