LIEN DU SANG 01
LIEN DU SANG

Tom était grand, environs un mètre quatre vingt et musclé. Il portait un short bleu et un T-shirt blanc. Ses cheveux bruns étaient mélangés à des mèches blondes, ses yeux bleus étaient ainsi mis en valeurs. Tom Bludy parcourait ses quinze kilomètres hebdomadaires. Une allure toujours constante, rien n'aurait su le perturber. Tom Bludy, âgé de vingt sept ans, était un père de famille dévoué mais qui s'accordait de temps à autre quelques pauses, loin du cocon familial. Chaque dimanche, peu après le lever du soleil, il partait en rase campagne afin de ne faire qu'un avec la nature et de se ressourcer. Pendant qu'il courait il était libre, libre de tout mouvements, de toutes idées, politiques, religieuse ou sentimentale. Chaque dimanche, il retrouvait le loisir de courir à travers les champs, de parcourir kilomètres après kilomètres au seul contact de la nature. Comme toujours, il finissait sa course par un sprint et s'étirait à proximité de sa voiture. Une voiture qu'il lui valait de ne pas passer inaperçu puisqu'il s'agissait d'une Ford k orange vif. Un modèle que l'on croirait tout droit sorti d'un cartoon. Après quelques étirements, il était temps pour Tom de rentrer auprès des siens. Tom et sa famille habitait en retrait, au sommet d'une colline. Tout le vallon leur appartenait. Ce n'est pas pour autant qu'il avait la folie des grandeurs. La maison des Bludy était simple mais confortable, un joli quatre pièce reparti sur deux niveaux. Tom gara sa voiture sous une sorte d'abri en bois. Le dimanche l'abri contenait toujours deux voitures, celle de Tom et celle de son épouse. Pourtant celle de l'épouse de Tom n'était pas là. Tom pensa alors qu'elle était descendu en ville.
Lorsqu'il rentra chez lui, il fut surpris de découvrir la porte ouverte et non verrouillée comme elle l'aurait du. Il s'assura qu'elle n'était pas fracturé et pénétra dans sa demeure. Mais contre toute attente elle n'était pas vide, sa belle mère, Susanna Riddle était là.
«Bonjour Susanna
_Bonjour Tom
_Et bien qu'est ce qui vous amène ici ? demanda Tom intrigué par sa présence
_Eliana a été appelée d'urgence à l'hôpital, une opération qui s'est mal passée alors comme vous n'étiez pas là pour veiller sur Thibault, elle m'a appelée en renfort
_C'est gentil à vous. »
Madame Riddle semblait dérangé par la présence de son gendre. Non pas qu'ils ne s'entendaient pas mais l'entente était froide et forcée. Susanna ne voulait se mettre à dos sa fille unique et Tom lui ne voulait pas que son imposante belle-mère soit l'objet de discordes dans son couple. Susanna Riddle avait tout de la vielle petite femme gâté par la vie mais pas par la nature. Ses habits valaient des sommes astronomiques, ce qui ne l'empêchait pas de les porter à longueur de temps se refusant d'attendre les grandes occasions pour porter des habits que la plupart des gens ne peuvent s'acheter qu'après des années de dures économies. Il faut sans doute préciser que son mari, Peter Riddle lui avait laissé une fortune. A sa mort, madame Riddle avait hérité des biens de son mari. Ce dernier, décédé quinze ans auparavant possédait plusieurs usines de textiles en chine, deux galeries marchandes aux Etats-Unis et avait la chance d'être l'héritier d'une des plus riche famille d'Ecosse. Le mariage entre Susanna et Peter était ce qu'on appelle un mariage arrangé. Les parents de Susanna, des russes ayant rejoint la France après leur mariage avait arrangé le mariage entre leur fille et Petre avec les parents de ce dernier. Susanna était d'origine russe mais de nationalité française pouvait en se mariant offrir cette nationalité à un étranger et c'est ce qui se passa pour Peter. En la rencontrant dans la rue, Peter ne serait certainement pas tomber sous le charme mais la vie en avait décidé ainsi. D'ailleurs personne ne pouvait tomber sous le charme de Susanna Riddle. Tout en cette femme était détestable, à commencer par son physique. Bien habillé et toujours sur son trente et un elle voulait cacher son age mais depuis toujours elle était ainsi. Exagérant chaque détail de sa personne Susanna ressemblait à une poupée de cire gribouillée par une petite fille. Ses lèvres envahi par le rouge à lèvres semblaient énormes, ses yeux cachés par de faux cils vous regardaient toujours d'un œil mauvais, ses cheveux si souvent colorés et décolorés tombaient en continu, si bien qu'elle semait autant de poils qu'un chien sinon plus. Mais le comble de l'exaspération était atteint lorsqu'elle s'habillait d'une tenue léopard, tenue qu'elle affectionnait particulièrement. Dans ces moments, qui déclenchaient l'hilarité générale et surtout celle de Tom, elle semblait tout droit venir du trottoir d'en face. Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, car si le physique de cette femme est disons passable, peut être son caractère est plus doux, plus évolué et plus agréable. Mais il n'en était rien. Susanna Riddle était tout simplement dépourvu de conscience et de moralité. Pendant les vingt neuf années qu'elle avait passé avec Peter, il n'était pas passé un mois sans qu'elle aille se consoler auprès d'autres hommes. Son mari souvent en voyage n'en avait jamais rien su et aussi effroyable que cela puisse être l'amour et la confiance qu'il portait en sa femme le rendait aveugle. Eliana non plus ne l'avait jamais su. Susanna, savait à présent jouer de sa fortune s'offrant les plaisirs et les caresses des hommes les plus jeunes et les plus beaux. Peu avant son mariage avec Eliana, Tom avait lui m^me était la victime de cette charogne, elle avait tenté de le séduire, sans succès, c'est sans nul doute depuis cette période que Tom et elle ne sont pas en bon termes mais à qui la faute ?
Tom avait vu passer dans les yeux de sa belle mère un sorte d'éclair, il la dérangeait mais pour dire vrai cela arrangeait bien Tom, peut être partirai elle d'elle-même. Tom pris congé de sa belle mère et monta à l'étage et pénétra dans la chambre de son fils Thibault. Les murs étaient tapissés de petits nounours et de sucettes. En face de la porte se dressait de haut en bas du mur, une porte-fenêtre qui donnait sur un petit balcon. A droite de la fenêtre se trouvait une armoire en bois clair orné d'un miroir qui faisait également office de portes. C'était Susanna qui l'avait offert à Eliana et Peter lors de la grossesse d'Eliana. Une occasion pour elle de se débarrasser d'un objet qui lui rappelait son mari. En face de l'armoire, soit à droite de la porte d'entrée de la chambre se dressait un parc assez grand pour contenir des dizaines de peluches et de bibelots attractifs, mais ce parc ne servait que de meuble de rangement. Thibault ne servait plus depuis quelques temps déjà. A gauche de la porte siégeait le lit du petit Thibault. Blanc et en bois, ce lit était un autre cadeaux de Susanna . Thibault dormait tranquillement dans son lit. On pouvait voir qu'il s'était comporté comme pas un petit diable avec sa grand-mère tant les peluches et les jouets étaient éparpillés sur le sol. Thibault avait aujourd'hui deux ans et demi, presque trois, à la rentrée in entrerait en première année de maternelle. Tom, en regardant dormir Thibault entrevit sous une peluche, son bras portant un petit pansement. Chose courante avec Thibault puisqu'il semblait ignorer le danger mais Tom était sur qu'il n'avait rien le matin même. Avant d'aller prendre sa douche il redescendit et fut troublé de voir sa belle mère nettoyait le sol, elle qui ne savait pas ce que balayer voulait dire. Lorsqu'elle le vit elle posa précipitamment le balai et s'empressa d'ajouter :
«Je voulais juste aider Eliana, après tout elle a beaucoup de travail à l'hôpital et elle ne bénéficie pas d'un énorme soutien à la maison. »
Tom ne releva même pas et il pris aussitôt la parole :
«Au fait Susanna, j'ai remarqué que Thibault avait un pansement au bras, vous savez d'où il vient, demanda Tom
_Bien sur, c'est moi qui lui ai mis
_Pourquoi, demanda Tom intrigué
_Oh mais pour rien, il s'est blessé en jouant avec son bateau, vous vous faites trop de souci, bon et puis ce n'est pas tout mais j'ai autre chose à faire qu'à vous écouter vous inquiéter pour rien
_Oui après tout des petits jeunes vous attendent. »
Cette fois ce fut Susanna qui ne releva pas. Apres avoir été embrassé Thibault elle quitta la maison de sa fille sans dire un mot à Tom.
Arrivée à la hauteur du garage elle jeta un dernier coup d'œil à la maison de son gendre et murmura :
« Tu ne perds rien pour attendre mon petit Tom, bientôt nous révéleront notre visage au grand jour et tu en subiras les conséquences, ton espèce sera en voie de disparition. Les gens comme toi n'existeront plus et enfin nous aurons le monopole du marché. »